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Mieux comprendre le homard et son habitat pour assurer une pêche responsable

  • 26 mai
  • 3 min de lecture

Par le passé, les membres de la communauté rapportaient rarement la présence du homard d’Amérique lors de leurs pratiques innu-aitun sur notre Nitassinan. Toutefois, ils ont observé, il y a quelques années, l’arrivée de cette espèce dans l’estuaire du Saint-Laurent, ce qui pourrait s’expliquer, en grande partie, par le réchauffement de l’eau causé par les changements climatiques. 


Ces nombreuses observations nous ont alors motivés à entreprendre des démarches auprès du ministère des Pêches et Océans (MPO) afin d’ajouter le homard aux espèces encadrées par notre entente et ainsi ajouter un quota communautaire pour les Essipiunnuat.


Cette entente découle de la Stratégie relative aux pêches autochtones (SRAPA) et elle est en lien direct avec le droit de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR), protégé en vertu de la Loi constitutionnelle de 1982. Il s’agit d’un droit communautaire et collectif, et non individuel. 


Ainsi, la reconnaissance de ce droit, combinée à la disponibilité de la ressource, nous a permis d’obtenir un quota auprès du MPO et de commencer la pêche au homard à l’été 2022, de la Pointe-Rouge (près de Tadoussac) jusqu’au quai de la traverse de Forestville.


Ayant encore peu de connaissances sur cette espèce ainsi que sur cette nouvelle pratique, nous avons initié un projet pour assurer la pérennité de cette pêche. L’objectif est d’en faire un prélèvement responsable tout en préservant les fonctions écologiques des herbiers de zostère où se déroulent ces activités. 


Au courant de la saison 2025, nous avons donc débuté, avec la collaboration des équipes de Parcs Canada et de l’Institut des sciences de la mer (ISMER), un projet intitulé « Valeur culturelle du système homard-herbier pour une résilience climatique locale et communautaire ». Ce projet voit le jour grâce au soutien financier du gouvernement du Québec dans le cadre du Plan pour une économie verte 2030. 


Lors de la 1re année du projet, nous avons effectué :

  • Le recrutement de 2 étudiantes de 2e cycle universitaire (maîtrise).

  • La mise en place d’un comité de suivi.

  • La réalisation de diverses activités scolaires et communautaires.

  • L’échantillonnage des herbiers de zostère marine dans les secteurs de Baie-des-Bacon et Longue-Rive.

  • La mise en place de suivi des paramètres environnementaux pour le monitorage des changements climatiques.

  • La mise en place d’un protocole préliminaire pour évaluer la structure du stock de homard (poids, taille, sexe, etc.).


Pour cette année, la majorité des travaux se déroulera dans le secteur de Longue-Rive, soit une zone fermée à la pêche, depuis 2024, par mesure de précaution afin de protéger la zostère. Nos gardiens du territoire et notre conseiller en environnement, accompagnés des 2 étudiantes de l’ISMER ainsi que d’employés de Parcs Canada et du Comité ZIP de la rive nord de l’Estuaire, seront régulièrement présents dans le secteur lors de marées basses, de la mi-mai jusqu’à la fin septembre. 


Certains suivis se poursuivront, comme l’évaluation de la structure de la population de homards ainsi que celui sur les herbiers de zostères marines. Nous en réaliserons également de nouveaux en lien avec la résidence des homards par la méthode de capture-marquage-recapture, l’évaluation des effets du piétinement sur la zostère et le développement d’une approche pour quantifier la présence ainsi que la structure des terriers. 


L’ensemble des réponses obtenues lors de ce projet nous permettra une meilleure compréhension du système homard-herbier afin d’assurer une gestion responsable de cette pêche, par et pour les membres de notre communauté. Les retombées attendues seront l’amélioration de la résilience face aux changements climatiques et le renforcement des capacités et expertises au sein de notre communauté.


Si vous souhaitez en savoir plus sur notre projet, nous vous invitons à communiquer directement avec notre conseiller en environnement, M. Guillaume Moreau, au 418 233-2509 poste 452, ou par courriel au gmoreau@essipit.com.





 
 

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